Le nombre de tués sur les routes françaises n’a jamais été aussi bas qu’en 2013, avec 3 250 décès, soit un recul de 11% par rapport à 2012.
Tout comme l’an passé mais de manière encore plus significative, l’année 2013 restera un millésime historique pour la sécurité routière. Le 20 janvier 2014, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, a détaillé le bilan provisoire de l’année 2013, estimant « encourageante » la baisse de 11% par rapport à l’année 2012, année qui marquait déjà un fléchissement du nombre de tués de 7,8%. « En 2013,
3 250 personnes ont perdu la vie dans un accident de la circulation routière. C’est un niveau bas historique. Le plus bas depuis 1948, année des premières statistiques. » Cependant, ce bilan est encore provisoire puisque les statistiques ne seront définitives qu’une fois pris en compte les décès survenus jusqu’à 30 jours après un accident de la route.
Des progrès sauf pour les poids-lourds
Le ministre a également souligné que, « contrairement à 2012, la baisse de la mortalité concerne en 2013 toutes les catégories d’usagers ». En effet, les motocyclistes, les piétons, les cyclistes et les véhicules légers voient leur mortalité routière baisser de respectivement de 3%, 7% et 8% et 14%.
Cependant, la catégorie des poids-lourds constitue le seul point noir, avec un nombre de tués en augmentation de 9%, qui fait suite à une forte réduction les années précédentes.
Parmi les points positifs, on notera que la mortalité des jeunes âgés de 18 à 24 ans a chuté de 10%. Mais, cette catégorie d’âge représente encore 21% de la mortalité routière pour seulement 9% de la population.
La baisse du nombre de victimes s’accompagne d’une chute de 6,6% du nombre d’accidents et de 4,7% du nombre des blessés hospitalisés.
Si 403 vies ont pu être épargnées par rapport à l’année 2012, Manuel Valls a souligné que « l’on dénombre encore 9 morts par jour sur les routes françaises, un bilan dont on ne peut se satisfaire. Il n’existe pas de seuil ni de fatalité, il est encore possible de progresser. L’objectif est toujours de passer sous la barre des
2 000 tués sur les routes d’ici 2020 ». Un Conseil interministériel de la sécurité routière (CISR) devrait se tenir avant l’été 2014, avec peut-être à la clé de nouvelles mesures.
Déploiement des radars : la fin de l’escalade
Si selon Manuel Valls, la politique du contrôle automatisé et du développement des radars a joué un rôle important dans la baisse du nombre de tués, « il ne s’agit pas de multiplier le nombre des radars à l’infini. Avec près de 4 100 équipements installés aujourd’hui et une centaine de plus en 2014, nous sommes arrivés à maturité du déploiement ». Ce qui n’empêchera pas le remplacement des radars les plus anciens par des modèles de nouvelle génération (dispositifs permettant d’identifier un véhicule dans sa voie de circulation, contrôlant la vitesse moyenne ou radars semi fixes pour les zones de travaux). Plus que jamais, « ça va flasher » sur les routes de l’Hexagone !
C. S.
Bilan provisoire de l’année 2013 (chiffres ne concernant que la France métropolitaine)
Bilan 2013 Accidents corporels Tués à 30 jours Blessés dont hospitalisés
Année 2013 chiffres provisoires 56 468 3 250 70 821 25 876
Année 2012 chiffres définitifs 60 437 3 653 75 851 27 142
Différence 2013/2012 - 3 969 - 403 - 5 030 - 1 266
Évolution 2013/2012 - 6,6% -11% -6,6% - 4,7%
Les 80 km/h testés dans quelques départements
Le 21 janvier, Manuel Valls a annoncé sur BFM TV qu’il envisageait « d’expérimenter courant 2014 une baisse des limitations de vitesse de 90 à 80 km/h sur les réseaux secondaires de plusieurs départements témoins », non encore définis. Une mesure déjà préconisée par certains experts du Conseil national de la sécurité routière, bien que ce dernier ne l’ait toujours pas incluse dans ses recommandations officielles faites au gouvernement. Ce sera peut-être le cas lors de la prochaine assemblée plénière du CNSR, le 16 mai.
Cette déclaration du ministre a été fortement rejetée par les associations de défense des automobilistes. Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes, cite ainsi deux pays, « l’Angleterre et l’Allemagne, où les résultats de sécurité routière sont meilleurs qu’en France, alors que la vitesse maximale autorisée est respectivement de 97 km/h (60 miles/h) et 100 km/h sur les axes secondaires. » Didier Bollecker, président de l’Automobile Club Association, est également opposé à l’abaissement systématique des vitesses autorisées. « Il faut adapter les limitations de vitesse en fonction des infrastructures. Pour assurer une limitation de vitesse cohérente, nous estimons que chaque axe concerné devra être audité en utilisant le programme EuroRAP mené par les Automobile Touring clubs européens. » Pour Christiane Bayard, secrétaire générale de la Ligue de défense des conducteurs, « cette expérimentation, on s’en doute, deviendra vite la norme, alors que la mesure est non-fondée, inefficace et extrêmement coûteuse ».