Jean-Christophe Fromantin, député UDI des Hauts-de-Seine qui s’intéresse de près à la question des délais d’examen, avait été incité par Manuel Valls à se rapprocher du groupe de travail pour apporter ses idées. C’est chose faite !
Il n’est pas homme à abandonner facilement. Et Jean-Christophe Fromantin, député UDI des Hauts-de-Seine, le montre une nouvelle fois. Après avoir déposé une proposition de loi cosignée par 80 députés, et visant à privatiser un examen probatoire du permis, il a interpellé deux fois Manuel Valls à l’Assemblée dernièrement. Une manière de rappeler que la question des délais du permis de conduire lui tenait à cœur. Le ministre de l’Intérieur l’avait alors enjoint à se rapprocher de Florence Gilbert et de son groupe de travail. C’est ce que le député a fait. « Nous avons eu une réunion le 24 février, au ministère de l’Intérieur, confie Jean-Christophe Fromantin. Ils m’ont parlé de leurs mesures d’urgence, provisoires, avec notamment le recrutement de 25 inspecteurs. Mais ça ne résoudra pas le problème de fond. »
Dépasser les « positions dogmatiques »
Son avis sur la portée du groupe présidé par Florence Gilbert ? Le député-maire juge qu’il y a « deux sortes de groupes de travail : le palliatif, pour gagner du temps et endormir les gens, et celui qui consiste pour un politique à prendre des mesures très fortes pour régler un problème. L’avenir nous dira dans quelle case celui-là se trouve ». Adepte du dialogue et d’une position consensuelle qui satisfasse tous les acteurs du dossier, Jean-Christophe Fromantin aimerait en revanche que les élus dépassent « les positions dogmatiques ». La gauche, notamment, n’a jamais voulu entendre parler de privatisation, même partielle, pour le permis de conduire. « J’ai présenté une solution hybride, et j’ai prouvé qu’elle n’engendrerait pas de surcoût », relève l’actuel maire de Neuilly-sur-Seine, et candidat à sa propre succession. Il devrait être auditionné par le groupe de travail, avec qui le dialogue a pour l’instant été « constructif », selon lui. « Nous sommes un des seuls pays où le permis est exclusivement public. Une majorité de pays européens a évolué vers un autre schéma », souligne-t-il.
Un sujet politique
Le permis de conduire est un sujet très politique. Récemment, Nathalie Chabanne, députée PS des Pyrénées-Atlantiques, a posé une question écrite au ministère de l’Intérieur au sujet des délais du permis. Tout en s’opposant, encore une fois, à toute privatisation. « Tout le monde est d’accord sur le constat, tempère Jean-Christophe Fromantin. C’est sur les solutions que le débat doit se concentrer. Nous sommes entrés dans une phase de travail entre trois parties : les membres de l’exécutif, les acteurs du système – les auto-écoles en tête – et enfin les élus, les parlementaires. » L’urgence, selon lui, est de ne pas décourager les jeunes de passer le permis, notamment par « le projet de dépénalisation de la conduite sans permis qui ressemble à de la résignation de la part des autorités ». Le député Fromantin ira en tout cas dans le sens d’une vraie réforme structurelle du permis de conduire. Et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle.
L. L.