Après une année 2012 catastrophique, l’année 2013 s’est révélée encore plus dramatique. Et selon les experts, l’année 2014 ne devrait pas encore être celle de la reprise. Explications.
Les années se suivent et malheureusement se ressemblent. Avec 253 548 dossiers enregistrés en préfecture en 2013, les immatriculations de deux et trois roues sont en recul de 14,4% par rapport à 2012. Et l’on est bien loin des 448 417 immatriculations enregistrées en 2007. Les premiers à souffrir de ce ralentissement sont évidemment les constructeurs.
Après une baisse de 10,3% du marché du neuf en 2012 par rapport à 2011, l’année 2013 a accusé une chute de 13,9% par rapport à 2012. Ainsi le total des ventes de deux-roues motorisés s’élève, selon la Chambre syndicale internationale de l’Automobile et du Motocycle(CSIAM) à 136 144 unités. Une évolution inquiétante, mais qui n’est rien par rapport à la baisse de 40% constatée depuis six ans.
Des renouvellements moins fréquents
Pour la CSIAM, cette dégringolade s’explique avant tout par la crise. D’une manière générale, le marché du deux-roues est régi par l’achat d’impulsion. En temps de crise, les consommateurs coupent naturellement dans les dépenses assimilées aux loisirs. Et lorsque les ménages sont équipés, ils reculent le renouvellement de leurs machines que ce soit la voiture, la télévision et bien évidemment la moto. « Avant, nous étions sur un cycle de renouvellement de quatre à cinq ans, constate Éric de Seynes, président de la branche Motocycle de la CSIAM, maintenant il est de huit à dix ans ». Par ailleurs, force est de constater que « entre 2004 et 2008, nous avons équipé le marché. Or, les deux-roues sont généralement le deuxième, voire le troisième véhicule du foyer. Leur emploi est limité, il faut donc laisser le temps aux usagers d’utiliser leur engin » avant de déclencher un nouvel achat.
Enfin, dernier élément qui joue en défaveur des constructeurs, en temps de crise, le marché de l’occasion a souvent le vent en poupe compte tenu des tarifs plus accessibles que ceux du neuf. Éric de Seynes confirme que le marché du deux-roues n’échappe pas à la règle : « avant 2008, nous avions 2,4 produits neufs achetés pour 2,8 d’occasion. Aujourd’hui le ratio est passé de 1 à 4 ».
Autres paramètres qui n’ont pas favorisé la relance du marché en 2013 : la météo et la réglementation. D’après la CSIAM, la météo peu réjouissante de l’année 2013 aurait affecté près de 5% des ventes. Une estimation cependant objectivement difficile à vérifier, même si l’on sait qu’inversement le beau temps booste l’achat de deux-roues. Enfin, toujours selon la CSIAM, les 7 heures de formation désormais obligatoires pour conduire un 125 cm3 pour les titulaire d’un permis B constituent un frein. En effet, nombre de conducteurs mal informés pensent qu’il faut repasser un examen à l’issue de la formation.
Les maxi-scooters et trois-roues ont la cote
Lorsque l’on regarde de plus près le marché du neuf, on constate que les moins de 50 cm3 accusent un retrait de 17%. Ce qui n’est pas très étonnant en temps de crise car ces deux-roues sont souvent financés par les parents. Or ces derniers n’ont pas forcément les moyens. De plus, les intérêts des jeunes ont évolué. Aujourd’hui il est quasiment impensable pour un jeune de ne pas avoir de téléphone portable et/ou de tablette ou d’ordinateur. À choisir, nombreux sont ceux qui préfèrent un smartphone à une mobylette.
Le segment des 125 cm3 chute également de 22% par rapport à 2012. Quant aux grosses cylindrées de + 125 cm3, elles enregistrent une baisse de 9,4%. Dans ce paysage apocalyptique, seuls les maxi-scooters et les trois-roues tirent leur épingle du jeu avec une très légère hausse enregistrée en décembre 2013.
Une lueur d’espoir, d’autant que si les spécialistes ne prévoient pas une vraie reprise du marché du neuf en 2014, ils estiment que la chute des ventes devrait enfin nettement se ralentir.
S. A.
1 vol toutes les 10 minutes !
Si les deux-roues sont associés à la liberté, ils le sont également de façon nettement moins positive au vol. Selon les statistiques de la police et de la gendarmerie, 48 820 vols de deux-roues ont été déclarés en 2013, ce qui constitue tout de même un vol toute les dix minutes. Et encore, selon la 3e édition de l’Observatoire du vol de 2 roues réalisée par ICA sur un panel de 8 533 propriétaires de deux-roues, environ 6% ne sont pas déclarés et ne figurent donc pas dans les statistiques. Mais si le nombre de deux-roues déclarés volés en 2013 semble considérable, il est cependant en baisse de 8,9% par rapport à 2012 !
Sur le plan géographique, c’est l’Île-de-France qui remporte la palme de la région où l’on comptabilise le plus grand nombre de vols de deux-roues. Viennent ensuite la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et la région Rhône-Alpes. À noter que les voleurs agissent
à 68% en zone urbaine.
Le vol est malheureusement tellement développé que ce critère est pris en compte par 1/3 des sondés au moment de l’achat, au même titre que le prix, le choix de la marque, le coût d’entretien et le coût de l’assurance. Selon l’Observatoire, 59% des personnes interrogées affirment n’avoir jamais retrouvé leur deux-roues volé. Un désagrément tel que 27% des victimes d’un vol décident de ne pas racheter de deux-roues.