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warning Accidentologie — Avril 2014

- Changement d’heure -
Un facteur d’accidents ?

Alors que comme chaque année, nous venons de passer à l’heure d’été, une femme se bat pour abolir cette mesure qu’elle juge néfaste pour l’organisme.


Depuis 1976, les Français changent d’heure deux fois par an. Cette mesure adoptée sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing en plein choc pétrolier, avait pour but de réaliser des économies d’énergie. Si nombreux sont les Français à affirmer que ce changement d’heure perturbe leur organisme pendant environ une semaine, une femme se bat depuis des années pour mettre un terme à cette pratique.
Ingénieur agronome de formation, Éléonore Gabarain, présidente de l’Association contre l’heure d’été double (Ached) estime que l’objectif premier de cette mesure est aujourd’hui limité. Car si le changement d’heure ne permet plus de faire de réelles économies d’énergie, il nuit à la santé en désynchronisant le sommeil.

Augmentation des accidents
La présidente de l’Ached va même plus loin en affirmant que le changement d’heure est à l’origine d’accidents de la route. Rapport à l’appui, elle montre que le nombre d’accidents a augmenté entre 1975 et 1976, date de la mise en place de la mesure. S’appuyant sur une autre étude, elle explique que le manque de luminosité associé à un manque de sommeil nuit à la sécurité routière. Sur ce dernier point, personne ne la contestera. Force est de constater que le changement d’heure provoque un déséquilibre momentané de l’organisme similaire à l’effet du décalage horaire, ce qui se traduit par une somnolence due à un manque de sommeil. Or, tous les scientifiques l’affirment : un manque de sommeil agit de façon négative sur la conduite (voir page 13).

La Commission européenne s’interroge
Si jusqu’à présent, Éléonore Gabarain semblait se battre contre des moulins à vent, malgré plusieurs rapports parlementaires qui s’interrogent sur les bénéfices réels de cette mesure, les choses pourraient bien changer. En effet, la Commission européenne s’intéresse elle aussi au sujet. La direction générale de la Mobilité et des Transports de la Commission européenne a commandé une étude qui devrait être finalisée cet été.
S. A.


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