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warning Accidentologie — Janvier 2014

- Accidentologie -
Moins de tués et de blessés en 2012

Comme tous les ans, le gouvernement a publié en fin d’année, le bilan de l’accidentologie de l’année précédente. Éclairage sur les données disponibles pour 2012.


Si la mort d’une personne dans un accident de la route reste forcément un drame pour son entourage, force est de constater que le nombre de tués sur les routes de France métropolitaine continue de diminuer chaque année. Ainsi, 3 653 personnes ont perdu la vie dans un accident de la route en 2012*, contre 3 963 en 2011, ce qui constitue une baisse de 7,8%. Et la baisse est encore plus significative si l’on se réfère à 2000, année où l’on avait enregistré 8 170 morts. En un peu plus de 10 ans, la France a donc réussi à diviser par 2 le nombre de tués sur ses routes.
Cette évolution positive s’applique également aux blessés. Certes, 75 851 personnes ont été blessées dans un accident de la route en 2012, ce qui n’est pas rien, mais c’est moins qu’en 2011 (81 251, soit – 6,6%) et surtout nettement moins qu’en 2000 où l’on avait comptabilisé 162 117 blessés. Parmi les 75 851 blessés en 2012, 27 142 ont nécessité une hospitalisation de plus de 24 heures. Le nombre des hospitalisations est également en diminution par rapport à 2011 (29 679, soit – 8,5%).

Grandes disparités entre départements
On remarque des différences importantes d’un département à l’autre. Ainsi, lorsque l’on tient compte du taux moyen de personnes décédées tout âge confondu dans un accident de la route pour 1 million d’habitants, la fourchette va de 17 dans les Hauts-de-Seine à 142 en Lozère. Au palmarès des départements « les plus meurtriers », après la Lozère, on trouve la Haute-Corse (132), le Tarn-et-Garonne (128), les Hautes-Alpes et le Gers (126), les Alpes-de-Haute-Provence (121), le Jura (118), l’Aude (114), le Loir-et-Cher (109) ou encore l’Allier (105). Inversement, outre les Hauts-de-Seine, les départements « les plus sûrs » sont le Val-de-Marne (23), la Seine-Saint-Denis et le Val d’Oise (27), le Nord (32), l’Essonne (35), le Rhône et les Yvelines (37).

Bilan plus contrasté en Outre-mer
Dans les départements d’Outre-mer, le bilan est moins encourageant. Ainsi en plus des 3 653 décès enregistrés en Métropole, il faut ajouter 189 personnes ayant trouvé la mort dans les 30 jours suivant l’accident en 2012, ce qui représente une augmentation de 26,4% par rapport à 2011. Le taux moyen de tués va de 8 à Mayotte (soit moins que le meilleur élève de la Métropole) à 155 en Guadeloupe (soit plus que le moins bon élève de Métropole). La Guyane affiche un taux de 148, la Martinique de 79 et La Réunion de 51.   
Si le nombre de tués a augmenté en Outre-mer en 2012 par rapport à 2011, celui des blessés est heureusement en baisse de 12,2% (2 358 blessés en 2012) et de 2,9% pour les blessés hospitalisés plus de 24 heures (965).

Décès en hausse chez les cyclistes
Parmi les 3 653 victimes décédées dans un accident de la route en 2012, 51,5% étaient conducteur ou passager d’une voiture de tourisme (VT). Si cette catégorie d’usagers représente un peu plus de la moitié du total des morts (1 882 décès au total), la catégorie VT enregistre cependant une baisse de 11,1%.
Vient ensuite, par ordre décroissant, la catégorie des motards avec 18,2% (664 morts au total) qui enregistre une baisse de 12,6% par rapport à 2011, après une hausse de 8% entre 2010 et 2011.
En troisième position, vient la catégorie des piétons avec 13,4% des tués en 2012 (489 morts au total). Cette dernière est en baisse de 5,8% par rapport à 2012.
Baisse également la catégorie des utilisateurs de cyclomoteurs qui représente 4,9% des victimes en 2012 (179 décès au total). Pour sa part, la catégorie des cyclistes (4,5% de la mortalité routière en 2012) est malheureusement en hausse de 16,3% en 2012, avec 23 décès supplémentaires enregistrés (164 morts au total).
Pour sa part, la catégorie des usagers de véhicules utilitaires (4% des tués) connaît une hausse de la mortalité sur la route de 8,2% par rapport à 2011. Les usagers de poids lourds constituent 1,5% des personnes tuées en 2012 et affichent une baisse de 15,9% par rapport à 2011. Enfin, avec 6 usagers tués en 2012, la catégorie des transports en commun reste forte heureusement très marginale.

Les hommes plus vulnérables que les femmes
Si l’on observe encore beaucoup d’inégalité entre les hommes et les femmes dans la société, cette inégalité existe également en terme de mortalité sur la route. Et pour le coup, elle s’effectue au détriment des hommes. En effet, 74,7% des personnes décédées dans un accident de la route en 2012 étaient des hommes. Selon Le bilan de l’accidentalité de l’année 2012 de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), « le risque d’être tué dans un accident de la route, selon le sexe, rapporté à la population, est trois fois supérieur pour les hommes. Rapporté au kilométrage parcouru (12 680 pour les hommes contre 11 340 km
pour les femmes), ce risque pour un conducteur de véhicule de tourisme homme est deux fois supérieur à celui d’une conductrice ».

Conducteur novice, conducteur à risque
Avec 115 décès en 2012, les 0-14 ans représentent 3,1% des victimes de la route. C’est la classe d’âge la moins touchée. Viennent ensuite les 15-17 ans qui représentent 3,6% (131 morts en 2012), les 65-74 ans, 7,2% (264 décès), les plus de 75 ans, 13,2% (481 morts), les 18-24 ans, 20,6% (753 morts) et les 45-65 ans, 22,6% (827 décès). Enfin, les 25-44 ans sont les plus impactés par la mortalité routière puisqu’ils constituent 29,6% des victimes (1 082 tués en 2012).
Au-delà de la prise compte de l’âge des victimes, l’ONISR constate que « 868 personnes ont été tuées en 2012 dans un accident impliquant un conducteur novice, ce qui représente 23,8% de la mortalité. Un motocycliste tué sur cinq et un conducteur de véhicule de tourisme tué sur cinq sont novices. Rapporté au nombre de kilomètres parcourus, le risque d’être tué pour un conducteur de véhicule de tourisme novice est pratiquement quatre fois supérieur à celui d’un conducteur expérimenté ».

Étude des causes des accidents
Dans près de la moitié des cas, les victimes sont tuées lors d’une collision entre au moins deux véhicules, en générale une collision frontale survenue lors d’un dépassement ou une collision latérale à une intersection. Mais l’on constate aussi que dans 38,2% des cas, les victimes ont été tuées lors d’un accident survenu sans aucun tiers. La plupart du temps, il s’agit d’une perte de contrôle du véhicule qui survient pour diverses raisons (malaise, somnolence ou conduite sous l’emprise de l’alcool ou de cannabis). Le véhicule termine alors sa course contre un obstacle en bord de chaussée (arbres, panneaux, bâtiments, etc.).
Dans 65,3% des accidents mortels, ces derniers sont survenus sur des routes hors agglomération et 28,1% en agglomération. Seuls 6,6% des accidents ayant entraîné la mort ont eu lieu sur l’autoroute.
Toujours selon l’ONISR, « dans les remontées rapides, les forces de l’ordre identifient dans certains cas la cause principale des accidents mortels : c’est la vitesse dans au moins 25% des cas, l’alcool dans au moins 20% des cas et un refus de priorité dans au moins 14% des cas ».
S. A.

* Ce chiffre prend en compte les décès survenus dans les 30 jours après l’accident en Métropole.


« Personnes« Accidentologie


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