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warning Accidentologie — Août 2007

Bilan de l’année 2006 : des résultats toujours encourageants


 Le 13 juillet dernier, le gouvernement a présenté le bilan de l’accidentologie 2006. Zoom sur les principales données chiffrées*.

Avec 4 709 tués en 2006 contre 5 318 en 2005, le nombre de tués sur les routes françaises est en baisse de 11,5 %. Le nombre de blessés a également diminué de 5,5 % en passant de 108 076 en 2005 à 102 125 en 2006.

HAUSSE DES TUÉS CHEZ LES CYCLISTES
Si l’on analyse les différentes catégories d’usagers de la route, on constate une augmentation du nombre du tués uniquement pour les bicyclettes (+ 0,6 %). À l’heure actuelle, l’Observatoire national interministériel de sécurité routière ne dispose pas d’indice de mesure fiable pour expliquer cette hausse. Est-ce parce que les cyclistes ne sont pas assez prudents sur la route ou tout simplement que le nombre de personnes circulant à vélo a fortement augmenté ? Impossible à analyser. Toutes les autres catégories enregistrent une diminution plus ou moins conséquente : poids lourds (- 3,3 %), cyclomoteurs (-11 %), motocyclettes (-12,7 %), voitures de tourismes (-14,3 %) et piétons (-15,7 %). À noter que le nombre de victimes circulant sur deux-roues motorisés est pour la première fois en baisse après des années de hausse. En comparaison avec d’autres pays européens, il reste cependant important puisque l’on compte 154,6 morts par milliard de kilomètres parcourus contre 113,3 au Royaume-Uni, 67,5 en Autriche, 56,8 en Allemagne, 44,4 au Danemark et 37,8 en Finlande.

PRINCIPAL FACTEUR : LA BAISSE DE LA VITESSE
Si le trafic n’a que très peu augmenté, cette diminution du nombre de victimes de la route s’explique essentiellement par la baisse des vitesses enregistrées sur les routes, due notamment aux nombreux contrôles radars et à la perte de points sur le permis (8 millions de points retirés en 2006, soit + de 7 % qu’en 2005). En effet, en 2006, la vitesse moyenne pratiquée le jour par les voitures particulières, tous réseaux confondus est de 82,2 km/h, ce qui constitue un retrait de 8 km/h depuis l’an 2000. Toujours tous réseaux confondus, le taux de dépassement de la vitesse limitée est d’environ 15 % pour les voitures de tourismes, de 30 % pour les motos et de 14 % pour les poids lourds. Le nombre d’excès de vitesse supérieurs à 30 km/h a été divisé par 5 par rapport à 2002 pour les voitures. Par contre, si la proportion des grands excès de vitesse a globalement baissé depuis 2002 pour les motos, elle reste importante et a même légèrement augmenté en 2006 par rapport à 2005.

PORT DE LA CEINTURE : ENFIN UN RÉFLEXE !
Le port de la ceinture à l’avant est en passe de devenir un réflexe pour quasiment tous les conducteurs. En effet, le taux de port de la ceinture est passé de 80,6 % en 1982 à 91,1 % en 2002 pour atteindre 97,2 % en 2006. À l’arrière, il reste plus faible avec seulement 80 %. Des efforts sont donc encore à faire. Surtout lorsque l’on sait qu’en 2006, si 100 % des usagers de voitures de tourisme avaient accroché leur ceinture, on aurait pu réduire le nombre de tués dans les voitures de 16,2 %, ce qui aurait représenté une réduction de 9 % du nombre total des victimes décédées dans un accident de la route.

L’ALCOOL : UN FLÉAU QUI PERSISTE
Malgré les différentes campagnes de communication sur les risques de conduite en état d’ivresse, la part des conducteurs impliqués dans un accident mortel et présentant un taux d’alcoolémie illégal ne diminue pas. Si les 18-24 ans sont les plus représentés (près de 23 % des accidents mortels de cette classe d’âges sont dus à l’alcool), les autres classes d’âges sont également concernées avec près de 20 % pour les 25-44 ans, 14 % pour les 45-64 ans, environ 10 % pour les moins de 17 ans et enfin, 5 % pour les 65 ans et plus. On notera cependant que la part la plus importante de conducteurs roulant sous l’emprise de l’alcool est enregistrée pour les cyclomoteurs (32 %) contre 20 % pour les motocyclettes et 19 % pour les véhicules légers, 8 % pour les camionnettes, 6,5 % pour les bicyclettes et 1,5 % pour les poids lourds. Un chiffre pourrait cependant donner à réfléchir : selon l’Observatoire national interministériel de sécurité routière, « 26 % des décès auraient pu être évités si tous les conducteurs avaient respecté la limite légale de 0,5 g/l de sang ».

Sandrine Ancel

* Les résultats sur consultables sur le site Internet www.securiteroutiere.gouv.fr/observatoire.


TUÉS À 30 JOURS PAR MILLION D’HABITANTS EN 2005


Pays-Bas : 46
Suède : 49
Royaume-Uni : 56
Danemark : 61
Finlande : 65
France : 88
Autriche : 94
Italie : 94
Irlande : 96
Espagne : 103
Belgique : 105
Portugal : 119
Source : l’Observatoire national interministériel de sécurité routière

Si la France a enregistré une baisse
spectaculaire du nombre de tués sur la route ces dernières années, elle
reste loin positionnée loin derrière les pays qui enregistrent le moins
de tués à 30 jours par million d’habitants comme les Pays-Bas ou la
Suède.



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