Depuis le 2 mai, l’ADR a été généralisée aux permis moto, poids-lourd, ainsi qu’à l’ETG. Les syndicats d’inspecteurs sont plutôt enthousiastes. Les auto-écoles…
Depuis le 1er mai, l’annonce différée du résultat (ADR), déjà en vigueur pour le permis B, a été étendue aux épreuves en circulation moto et poids lourd, et à l’Épreuve théorique générale (ETG). Bien entendu, le 1er mai étant férié, les examens concernés n’ont eu lieu que le 2 mai. À l’heure où nous mettons sous presse, le texte législatif entérinant cette mesure n’était pas encore paru, mais devait l’être de façon imminente. Concernant l’ETG, deux solutions sont possibles pour l’ADR : soit l’envoi par courrier, soit la remise des résultats à l’issue de l’examen au responsable de l’auto-école.
Dépôt d’un amendement
Sur ce sujet précis, le 16 avril, le syndicat d’inspecteurs UNSA-SANNEER a déposé un amendement au projet de texte. Comme l’explique Christophe Nauwelaers, secrétaire général du syndicat, « nous sommes favorables à l’extension de l’ADR à la moto, au poids lourd et à l’ETG, mais concernant l’ETG, nous demandons que seul l’ADR par courrier soit effective. Nous sommes opposés à ce que les résultats soient remis à l’issue de l’examen. Ce ne serait ainsi pas une véritable annonce différée, puisque les élèves s’empresseraient d’aller quémander leur résultat ». Patrick Chopin, secrétaire général du SNICA-FO, est « favorable à l’extension de l’ADR à toutes les catégories de permis. L’ADR améliore les conditions de travail des IPSCR et les conditions d’examens des candidats. L’extension de l’ADR va dans le sens de la dématérialisation à venir. Pour conduire, le candidat devra attendre d’avoir reçu son titre sécurisé envoyé par l’ANTS (Agence nationale des titres sécurisés). Concernant l’ETG, nous sommes partisans d’une règle nationale unique : l’ADR par voie postale. Cela permettra aux auto-écoles, de petite ou de grande taille, d’être sur un pied d’égalité. Car un moniteur isolé a du mal à se libérer un après-midi complet pour récupérer les dossiers, alors que celui qui appartient à une grosse structure peut facilement envoyer un de ses représentants. »
« Pas la priorité »
Du côté des syndicats auto-écoles, on accueille la nouvelle avec réserve. Patrick Bessone, président du CNPA, estime qu’il n’y avait « pas urgence ». « Ce n’était pas la priorité. Il faut surtout penser aux places d’examens », juge-t-il. Pour lui, c’est le système dans son ensemble qui doit être revu. « Comme d’habitude, pour régler un problème de grande ampleur, on digresse en statuant sur une question périphérique », regrette Patrick Bessone. « Le CNPA est contre cette mesure car elle supprime l’échange pédagogique, tout en allongeant les délais à 48, voire 72 heures pour connaître le résultat. Ceux qui ont besoin de leur permis poids-lourd pour pouvoir travailler vont être lésés ».
L’UNIC va sensiblement dans le même sens. « Il y avait mieux à faire, comme un vrai bilan pédagogique par exemple », explique Philippe Colombani, président du syndicat. Surtout, l’objectif de cette réforme lui semble flou. « Au début l’ADR, c’était pour éviter les agressions, rappelle-t-il. Mais on n’a pas de problème de ce type, ni en moto, ni en PL. Par contre, pendant ce temps, les agressions se multiplient dans les auto-écoles. »
L. L. et C. S.
LA SNPTAS CONTRE L’EXTENSION DE L’ADR
Contrairement aux autres syndicats d’inspecteurs, la SNPTAS – CGT n’est pas favorable à l’extension de l’ADR. « L’examen en lui-même n’est pas source d’agressivité : c’est le délai dans lequel il pourra être repassé », explique Yvan Candé, secrétaire du syndicat. Celui-ci regrette « la déshumanisation du métier d’inspecteur, et la non-considération de l’examen du permis de conduire comme élément essentiel de l’éducation routière ». Pourtant, la SNPTAS ne s’opposera pas à l’ADR, car « une majorité d’inspecteurs y sont favorables ».