L’étude Césir-A vient de dévoiler ses derniers résultats, publiés dans la revue Journal of Clinical Psychiatry. Elle montre qu’il existe un risque d’accident accru pour les personnes sous antidépresseurs.Les Français sont les plus gros consommateurs au monde d’antidépresseurs. Or selon l’étude Césir-A récemment menée par une équipe Inserm (Institut national de la santé et la recherche médicale) intitulée « Prévention et Prise en Charge des Traumatismes », ces médicaments sont particulièrement dangereux à certains moments-clé du traitement, notamment au début, ou en cas de changement de posologie ou de molécule.
L’enquête a été menée sur un échantillon de 70 000 automobilistes français impliqués dans des accidents corporels entre 2005 et 2008. En confrontant les fichiers de remboursement de l’Assurance-maladie ainsi que ceux de la police concernant les accidents de la route, il ressort que 3 % d’accidents seraient imputables à une consommation de médicaments.
PRÉVENTION ET MISE EN GARDELa question que posent les résultats de cette étude est d’abord d’ordre préventif. Les patients ne seraient pas suffisamment informés, notamment par leur médecin traitant, des risques encourus sur la route après la prise d’antidépresseurs. Ceux-ci ont des effets psychotropes pouvant atténuer les capacités et réflexes des conducteurs. S’il n’est pas envisageable d’interdire la conduite aux personnes dépressives sous traitement, d’autres alternatives peuvent être imaginées : réduction de vitesse d’environ 10 km/h, temps de trajet moins longs…
Ce qui est plus difficile à évaluer, c’est de savoir si ce sont les médicaments qui sont à l’origine de ces accidents ou tout simplement l’état dépressif des conducteurs. Un système de classification, institué il y a sept ans, évalue le niveau de dangerosité routière des médicaments concernés. Les antidépresseurs, dits de niveau 2 dans ce classement, sont accompagnés d’un dessin orange et d’un message d’avertissement : « Soyez très prudent.
Ne pas conduire sans l’avis d’un professionnel de santé ».
Car si l’alcool et la drogue sont souvent cités parmi les éléments responsables d’accidents, les risques liés à la prise de médicaments sont moins mis en avant.
L. L.