En favorisant la filière libre, la réforme du permis est restée « en travers de la gorge » des auto-écoles de Belgique, qui jugent que cette formule de formation est insuffisante et met en péril leur profession.La réforme belge du permis de conduire, entrée en vigueur le 1er septembre 2006 (voir les détails dans La Tribune des Auto-Écoles n° 122 p. 13), prévoit notamment la possibilité pour le candidat d’apprendre à conduire, en filière libre, avec plusieurs accompagnateurs, qui doivent simplement détenir leur permis depuis 8 ans. Une fois la partie théorique réussie, un permis provisoire est délivré, valable durant 3 ans. Le candidat peut toujours se former en auto-école (avec au moins 20 heures de formation), ou bien en formule mixte. Dans ce dernier cas, les écoles de conduite devront proposer une formation de base de 6 heures, de manière à ce que le candidat puisse acquérir les techniques de base avant de les perfectionner avec ses accompagnateurs pendant au moins 3 mois.
DE MULTIPLES MANIFESTATIONS Depuis l’instauration de cette réforme, un mouvement de protestation a débuté en Wallonie mi-décembre 2006, avec des blocages de centres d’examen à Ottignies-Louvain-la-Neuve le 11 décembre. Le 12 décembre, une cinquantaine de véhicules auto-écoles a bloqué l’accès à un centre d’examens du permis de conduire à Namur. De leur côté, les représentants flamands des auto-écoles ont bloqué le centre d’examen de Kontich le 19 décembre. Enfin, des représentants des auto-écoles implantées en Flandre et en Wallonie ont mené le 22 décembre une action commune, bloquant le centre d’examens d’Anderlecht.
Les responsables des auto-écoles affirment que ces réformes laissent la porte ouverte à des dérives dangereuses pour la sécurité routière et estiment que l’emploi dans leur secteur est menacé. En effet, le nombre d’inscriptions en auto-écoles a chuté de 40 % depuis le début de la réforme. La FAB (Fédération des auto-écoles professionnelles de Belgique) dénonce cette réforme, « qui implique une plus grande insécurité sur les routes. Le temps minimal de préparation en filière libre (3 mois au lieu de 9) est trop court. De plus, un candidat qui échoue à l’examen peut continuer à conduire avec son permis provisoire valable 3 ans. La filière libre ne constitue pas une véritable formation ». La fédération préconise plutôt « une formation avec des instructeurs professionnels formés ou, au moins, des accompagnateurs dont les aptitudes sont contrôlées ».
RÉFORME DE L’EXAMEN PRATIQUE Parallèlement, le nouvel examen pratique du permis de conduire est entré en vigueur le 1er décembre 2006 : les manœuvres ne sont plus effectuées sur un terrain privé, mais sont intégrées à l’examen sur voie publique, afin d’évaluer les réelles aptitudes du candidat. De plus, l’examen dure désormais au moins 40 minutes au lieu de 25. Avec un pourcentage de réussite de 40 % des candidats à l’examen pratique de la conduite (contre 60 % auparavant), la Belgique se situe désormais au niveau de la plupart des autres pays européens. « L’examen pratique est devenu plus réaliste, il est donc normal que les taux de réussite aient baissé », estime la FAB.
C. S.