Pour la troisième année consécutive, Axa Prévention effectue un baromètre des comportements des conducteurs français. Après une prise de conscience des dangers de la route et une augmentation de la vigilance au volant en 2004, les conducteurs ont semble-t-il relâché un peu la pression en 2006.
Chassez le naturel, il revient au galop ! Ce proverbe résume bien la tendance du 3e baromètre* Axa Prévention. En effet, lorsque l’on demande aux conducteurs si la lutte contre l’insécurité routière, devenue une priorité nationale en 2002, a modifié leur comportement au volant, 14 % répondent « tout à fait », 31 % « plutôt », 24 % « plutôt pas » et 31 % « pas du tout ». Si l’on regroupe les « tout à fait » et les « plutôt », on remarque que 45 % des personnes interrogées ont plus ou moins modifié leur comportement. En 2005, elles étaient 50 % et en 2004, 55 %. On assiste donc à un léger essoufflement de la prise de conscience de la nécessité de changer le comportement de chacun pour faire baisser le nombre d’accidents au niveau national.
FAUTE AVOUÉE N’EST PAS À MOITIÉ PARDONNÉE !
En ville, 74 % des personnes interrogées avouent ne pas s’arrêter à un feu rouge (71 % en 2004), 54 % doublent ou tournent sans mettre le clignotant (49 % en 2004) et 52 % roulent à 65 km (51 % en 2004). Sur autoroute, la tendance est également à la baisse de vigilance : 22 % des sondés avouent doubler par la droite (17 % en 2004), 23 % slaloment (16 % en 2004), 27 % franchissent une ligne blanche pour doubler (20 % en 2004), 22 % prennent le volant après avoir bu plus de deux verres d’alcool (14 % en 2004), 25 % répondent au téléphone (18 % en 2004) et 22 % roulent à vivent allure à quelques mètres du véhicule qui les précède (18 % en 2004). Enfin, 27 % déclarent rouler à 160/170 km contre 29 % en 2004, mais contre 17 % en 2005… Par ailleurs, les Français perçoivent moins la dangerosité des comportements à risques (voir le graphique).
LE BUT DE LA PRÉVENTION SEMBLE COMPRIS
Pourtant, la réglementation de la circulation routière décidée par l’État afin de réduire le nombre de victimes de la route est visiblement de mieux en mieux comprise. À la question « À votre avis, les limitations de vitesse actuelles sont principalement justifiées par la volonté de diminuer la gravité des accidents en cas de choc », 67 % des sondés répondent par l’affirmative, alors qu’ils n’étaient que 35 % en 2004. En 2006, 26 % pensent tout de même que les limitations de vitesse reflètent « la volonté de l’État de récolter des fonds » (contre 31 % en 2004). Autre mauvais point : le sondage démontre que les Français connaissent mal le Code de la route. Mais ce n’est pas une révélation !
S. A.
* panel de 2 042 automobilistes.
Infractions % de personnes les percevant % de personnes
comme dangereuses déclarant les commettre
Année de référence 2004 2006 2004 2006
Téléphoner en roulant 90 % 83 % 18 % 25 %
Doubler ou tourner sans
mettre son clignotant 84 % 78 % 49 % 54
Franchir une ligne blanche
pour doubler 83 % 75 % 20 % 27
Rouler à 65 km/h en ville 69 % 63 % 51 % 52 %
Rouler à 160/170 Km/h
sur autoroute 64 % 56 % 29 % 27 %
Passer au feu orange 63 % 53 % 71 % 74 %