Consommer moins et donc polluer moins. Tels sont les objectifs premiers de l’éco-conduite. Voici quelques astuces simples à mettre en œuvre et à communiquer à vos élèves pour adopter une conduite sereine et économique.Conduire avec agressivité sans se soucier des conséquences n’est plus dans l’air du temps. Si la conduite « apaisée » est depuis longtemps recommandée pour des raisons de sécurité routière, elle est également de plus en plus conseillée pour diminuer la consommation de carburant et réduire la pollution. Les auto-écoles doivent désormais communiquer dans ce sens, que ce soit au niveau de l’enseignement théorique ou de l’enseignement pratique.
En effet, depuis fin octobre 2006, un certain nombre de questions posées lors de l’épreuve théorique générale du permis de conduire portent sur « la conduite économique et respectueuse de l’environnement ». Afin d’aider les élèves à se préparer à ce type de questions, vous pouvez utiliser les produits des différents éditeurs de supports pédagogiques, qui ont intégré cette thématique spécifique. Vous pouvez aussi vous aider des fiches de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), consultables sur le site www.ademe.fr, car les nouvelles questions de l’ETG ont été rédigées en se basant sur les conseils prodigués par cet organisme.
Les cours de Code permettent de sensibiliser les élèves à l’éco-conduite. Puis, les notions abordées lors des cours théoriques pourront être mises en pratique pendant les cours de conduite. Et plutôt que de les traiter de manière isolée à la fin de la formation, il est préférable de les intégrer dans l’ensemble de l’apprentissage, c’est-à-dire dès le début de la formation et si possible de les évoquer à chaque leçon de conduite.
LES BÉNÉFICES D’UNE CONDUITE APAISÉEUne conduite agressive augmente la consommation de 20 % sur route et 40 % en ville. De plus, ce type de conduite use beaucoup plus rapidement le moteur, les éléments mécaniques, les pneus et les freins. Par contre, l’éco-conduite permet de réduire jusqu’à 25 % la consommation de carburant et également de diminuer les nuisances sonores. De plus, faire des économies de carburant, c’est aussi produire moins de gaz à effet de serre. Selon des mesures en conditions réelles de circulation réalisées par le Vito (Centre d’expertise des technologies de l’énergie) en Belgique, lorsqu’un conducteur adopte une conduite agressive, les émissions de CO2 augmentent d’un facteur 1 à 8, celle d’hydrocarbures de 15 à 400 % et celles d’oxydes d’azote (NOx) de 20 à 150 %.
CONSEILS POUR ADOPTER UNE ÉCO-CONDUITE Voici quelques conseils simples d’éco-conduite à enseigner à vos élèves, afin qu’ils les suivent pendant toute leur vie de conducteur.
• Ne sollicitez pas trop le moteur au démarrage : commencez à rouler à vitesse modérée et en accélérant doucement pendant les cinq premiers kilomètres. Sinon, selon l’Ademe, la surconsommation en ville peut atteindre 45 % sur le premier kilomètre et 25 % sur le second. La pollution augmente également de manière importante lors de premiers kilomètres parcourus, car les pots catalytiques ne fonctionnent pas à froid.
• Abstenez-vous de changer de rapports inutilement : adaptez le régime du moteur à la vitesse. Rouler sans « pousser » ses vitesses permet d’économiser jusqu’à 20 % de carburant. Passez à la vitesse supérieure dès que possible, juste avant un régime moteur de 2 000 tr/min pour les moteurs diesel et 2 500 tr/min pour les moteurs essence.
• évitez la conduite impatiente : accélérez en douceur et ralentissez progressivement aux feux et aux arrêts obligatoires. En adoptant une conduire sans à-coups, on peut économiser jusqu’à 1,5 l/100 km, voire jusqu’à 2,5 l/100 km en agglomération. Appuyez de manière progressive sur la pédale d’accélérateur, et sans trop monter dans les tours. Décélérer doucement en levant le pied de l’accélérateur, sans rétrograder. L’alimentation en carburant est alors coupée.
• Anticipez votre conduite : prévoyez la densité de la circulation, roulez à une vitesse stable et gardez une bonne distance avec le véhicule qui précède. En un mot, anticipez afin d’éviter les freinages brusques ou inutiles et adoptez une conduite souple, fluide et sans à-coups. Mieux vaut lever le pied que de freiner, puis de réaccélérer.
• Bannissez les vitesses élevées : sur autoroute, un automobiliste qui augmente sa vitesse de 100 km/h à 120 km/h consomme jusqu’à 20 % de carburant en plus et augmente d’autant la production des émissions de CO2. S’il réduit sa vitesse de 100 km/h à 90 km/h, il consomme jusqu’à 10 % de carburant en moins. La consommation optimale d’un véhicule par rapport à ses performances se situe autour de 90 km/h.
• Coupez le moteur à l’arrêt : au-delà de 30 secondes d’arrêt (pause prolongée, embouteillage…), cela ne vaut plus le « coût » de laisser le moteur en marche.
• Gonflez correctement vos pneus : vérifiez régulièrement (tous les mois) la pression des pneus. Outre le risque accru d’éclatement, le sous-gonflage des pneus entraîne une sur-consommation d’environ 0,2 l/100 km, due à un frottement au sol plus important, et donc une augmentation des rejets polluants. De plus, les pneus s’usent plus vite. Évitez les surmontes pneumatiques : adopter une monte pneumatique plus importante (c’est-à-dire des roues plus grandes et plus larges) entraîne un surcroît de consommation, surtout sur les modèles à petit moteur, qui ont alors un plus grand effort à fournir.
• N’abusez pas de la climatisation : cet équipement, qui équipe désormais la grande majorité des véhicules, occasionne un surcoût énergétique non négligeable (+ 0,3 l/100 km en moyenne). Évitez de l’enclencher systématiquement dès le démarrage et pour effectuer de courts trajets. Bannissez également une utilisation en côte ou sur route de montagne, le moteur ayant besoin de toute sa puissance, il vaut mieux lui éviter un effort supplémentaire pour alimenter la climatisation. Faites contrôler le circuit de climatisation, notamment pour repérer une fuite. En effet, le gaz utilisé pour la climatisation est à fort pouvoir réchauffant et contribue à l’effet de serre. Enfin, ouvrir les fenêtres alors que la climatisation est en marche entraîne une surconsommation de carburant. N’oublier pas également de remplacer le filtre d’habitacle (qui purifie l’air des poussières, pollens et particules de carburant) tous les 25 000 à 30 000 km.
• Utilisez les équipements pour aider à consommer moins : certains accessoires comme les régulateurs de vitesse, les ordinateurs de bord indiquant la consommation ou même les systèmes de navigation et l’info-trafic peuvent aider à limiter la consommation de carburant.
• Favorisez l’aérodynamique : galeries, barres de toit et porte-skis pénalisent fortement l’aérodynamique du véhicule et donc la consommation. Retirez ces éléments si vous ne les utilisez pas. Si vous transportez souvent des objets, un coffre de toit est plus aérodynamique et plus sécurisant. De plus, pour les mêmes raisons, évitez de rouler avec les fenêtres ouvertes.
• Ne transportez pas de poids inutile : videz votre coffre et votre habitacle des objets inutiles, qui augmentent le poids total du véhicule. Tout surpoids implique un effort supplémentaire du moteur et donc une surconsommation.
• Recyclez les déchets : remettez à votre garage ou à un centre de recyclage vos produits usagés : batterie, huile de vidange, liquide de refroidissement, antigel, pneus…
• Entretenir son moteur : vérifiez régulièrement le bon fonctionnement de votre moteur. Un filtre à air encrassé consomme 3 % de plus, un filtre à air bouché 10 %. Et une simple bougie encrassée (sur les moteurs à essence) peut réduire l’efficacité du carburant de l’ordre de 30 %.
Christophe Susung