Comme le remarquait Claude Liebermann, président du CSECAOP, le secteur de l’auto-école regroupe des structures dont le volume de la masse salariale ou du chiffre d’affaires varie considérablement. Mais surprise ! Contrairement à l’humeur un peu morose qui règne actuellement chez les enseignants de la conduite, notre enquête démontre que globalement la profession n’enregistre pas une baisse du nombre d’inscriptions.Si le gérant type est âgé de 45 ans, possède un diplôme d’enseignant de la conduite et dirige une auto-école depuis environ 14 ans, il semble que l’on puisse pousser difficilement plus loin le portrait-robot de la profession. En effet, comme le démontre notre étude, la structure d’une auto-école diffère énormément d’un établissement à l’autre. Ainsi 71 % des dirigeants ne gèrent qu’un seul bureau et 46 % des auto-écoles ne fonctionnent qu’avec un ou deux salariés (généralement un moniteur et l’exploitant qui est également enseignant de la conduite). Mais les sociétés importantes ne sont pas des exceptions : 7 % des établissements emploient plus de 10 salariés et 8 % des gérants affirment posséder de 3 à 4 bureaux. Sur le plan juridique, le statut le plus apprécié dans le secteur reste celui d’entreprise individuelle (63 %). Il est vrai que c’est au priori la forme juridique la plus simple puisqu’elle ne nécessite pas de capital de départ, ni de dépôt de statut. Cependant, en cas de coups durs, elle engage le patrimoine familial du créateur, c’est pourquoi 6 % des personnes interrogées lors de notre sondage ont préféré opter pour une EURL. La SARL semble également bien adaptée à la profession puisque 23 % des sondés ont choisi cette forme de statuts, nécessaire il est vrai si l’on souhaite s’associer à un tiers.
PERMIS B, LA FORMATION LA PLUS RÉPANDUELa majorité des personnes ayant répondu au questionnaire de La Tribune des Auto-Écoles exerce dans une ville de moins de 20 000 habitants (62 %, dont 4 % travaillent dans une commune de moins de 2 000 habitants). Sans surprise, la formation la plus proposée est le permis voiture (31,3 % de permis B et 26,55 % de AAC). Viennent ensuite la formation deux-roues (14,86 % pour le permis A et 11,70 % pour le BSR), puis les catégories du groupe lourd (11,17 %), la formation post-permis (1,37 %), le permis bateau (1,05 %) et la formation de moniteur (0,53 %). Certains dispensent également d’autres types d’enseignements, tels que les stages de récupération de points ou le certificat de capacité professionnelle (CCP) pour les taxis.
29 % DES AUTO-ÉCOLES PRÉSENTENT UN CA SUPÉRIEUR À 150 000 EUROS !Pour ce qui est du chiffre d’affaires, on retrouve les mêmes disparités d’un établissement à un autre qu’en terme de volume de la masse salariale. Ce qui paraît d’ailleurs relativement logique ! Au bas de l’échelle, 8,4 % des structures enregistrent moins de 30 000 euros de chiffre d’affaires en 2004, 20 % affirment réaliser un CA compris entre 30 000 euros et 60 000 euros. Mais 29 % des auto-écoles interrogées déclarent faire un chiffre d’affaires supérieur à 150 000 euros. Reste à savoir quelle marge de bénéfices, ces structures dégagent, une fois les salaires, les charges, impôts et autres coûts déduits.
Lorsqu’on leur demandait comment s’était comporté leur chiffre d’affaires en 2004 par rapport à 2003, 62 % affirmaient que leur CA 2004 était « en progression » par rapport à 2003, 28 % qu’il était « stable ». Seuls « 10 % » constataient une baisse. L’optimise était un peu plus modéré pour les prévisions de 2005, puisque cette fois, seuls 44 % des sondés attendaient une hausse, alors que 41 % envisageaient une stabilité et 11 % redoutaient une chute de leur chiffre d’affaires. Une chose est sure, ces chiffres sont loin de refléter les propos souvent alarmistes que l’on entend dans la profession. Même s’il est vrai que dans cette loi de la jungle économique, les très petites structures semblent plus fragiles qu’elles ne l’étaient auparavant face aux grosses entreprises.
En terme d’inscriptions, sur la totalité des auto-écoles qui ont répondu au sondage, le nombre moyen d’élèves inscrits est de 186 pour l’année 2004, sachant que le minimum d’inscriptions enregistré est de 24 et le maximum de 2 000. Le schéma de la répartition par tranche en pourcentage suit relativement celui du chiffre d’affaires : 36 % des auto-écoles inscrivent moins de 100 élèves par an, 28 % en enregistrent entre 101 et 200, mais 19 % en comptabilisent plus de 500. Pour ce qui est des prévisions pour l’année 2005, 35 % pensent que le nombre global sur l’année sera « en progression » par rapport à 2004, 48 % estiment qu’il sera « stable » et 17 % qu’il sera « en baisse ».
79 % DES AUTO-ÉCOLES SONT INFORMATISÉESPour gérer leur activité, 79 % des établissements de conduite ont investi dans du matériel informatique. Parmi les 21 % qui ne possèdent pas d’ordinateur, 72 % se disent irréductibles et n’envisagent pas de s’équiper en informatique au cours des douze prochains mois. Les auto-écoles utilisent essentiellement l’outil informatique pour écrire des courriers, gérer les plannings et effectuer leur comptabilité. Certains éditent des tracs pour se faire connaître, d’autres mettent au point un enseignement pédagogique qui leur est propre ou utilise tout simple l’ordinateur pour passer des DVD pédagogiques à leurs élèves. Toutes les auto-écoles qui sont informatisées ne sont pas pour autant reliées à Internet : seules 59 % ont une connexion. Et elles sont encore moins nombreuses ( 24 %) à avoir créé leur propre site Internet. C’est pourtant un excellent moyen de se faire connaître, notamment auprès des jeunes qui passent beaucoup de temps à surfer sur le Net, et par conséquent de conquérir de nouveaux clients…
LE PRIX RESTE LE MEILLEUR ARGUMENT DE VENTEJustement, quelles sont les méthodes les plus employées pour développer son portefeuille de clients ? Alors que l’ensemble de la profession semble ne plus vouloir parler d’autre chose que de qualité, force est de constater que les tristes réalités de notre vie matérielle reviennent pourtant sur le devant de la scène. En effet, pour un quart des sondés, le meilleur moyen d’attirer de nouveaux clients est de proposer des prix plus bas que ceux pratiqués par la concurrence… Pour 12,9 % des personnes interrogées, la prise des élèves en voiture à leur domicile est un atout séduction non négligeable aussi bien pour les élèves qui n’ont pas à prendre de temps en déplacement que pour leurs parents qui se sentent rassurés, surtout lorsque tard le soir ou en hiver, leur progéniture doit rentrer seule. L’utilisation de supports pédagogiques modernes est un argument de vente avancé par 11,7 % de notre panel Viennent ensuite les publicités dans les annuaires (10 %), les efforts décoratifs de la boutique pour 9,6 %, les heures d’ouvertures tardives (7,9 %), etc. Quant au bouche à oreille, pourtant souvent avancé comme le meilleur vecteur de communication par les gérants rencontrés lors de nos reportages en régions, apporterait finalement de nouveaux clients que pour 3,91 % des sondés.
S. A.