Vieillir et conduire ne sont pas forcément incompatibles. Mais pour cela, une petite remise à niveau est souvent nécessaire. Voici trois exemples parmi d’autres de stages s’étant déroulés dans l’Hexagone en novembre dernier, avec le concours des auto-écoles.Continuer à conduire le plus longtemps possible en toute sécurité, tel est l’objectif de nombre d’automobilistes senior après 40 ou 50 ans de conduite. Mais l’acuité visuelle et l’audition décroissent, les mauvaises habitudes prises au volant sont bien ancrées et les évolutions de la réglementation routière (nouveaux panneaux…) pas toujours évidentes à appréhender. Renoncer à conduire étant souvent vécu comme une perte d’autonomie, il peut alors être nécessaire de suivre quelques cours de remise à niveau, aussi bien sur le plan pratique que sur le plan théorique. C’est ce qu’ont bien compris municipalités et associations, qui font alors souvent appel aux écoles de conduite.
BAS-RHIN : SENSIBILISATION AUX TEMPS DE RÉACTIONLe 3 novembre à Scherwiller (Bas-Rhin), une formation a été dispensée à une trentaine de seniors par la municipalité et l’auto-école Eugène de Châtenois. Il s’agissait d’un stage pratique de remise à niveau, principalement axé sur deux sujets : la sensibilisation aux temps de réaction et le respect des distances de sécurité. Pour ce faire, le moniteur de l’auto-école Eugène, Jean-Paul Berger, a effectué une spectaculaire démonstration de conduite sur chaussée mouillée, avec freinage d’urgence, glissade en ligne droite sur une trentaine de mètres et tête à queue !
À Monségur (Gironde), le 5 novembre dernier, un stage était proposé aux conducteurs de plus de 50 ans, pour la cinquième année consécutive. Ce stage était organisé par le comité départemental de la Gironde, La Prévention Routière, le docteur Seilhean, neuropsychiatre ophtalmologue et le formateur Serge Giustiniani, chargé de mission à La Prévention Routière.
Ce dernier a présenté les grandes données de l’accidentologie en France en 2008, avant de remettre à niveau les participants en ce qui concerne le Code de la route, avec une simulation du passage de l’examen théorique. Selon le docteur Seilhan, « les personnes âgées n’ont pas plus d’accidents que les autres. Mais la réactualisation de leurs connaissances leur permet de rester mobiles plus longtemps. De plus, en zone rurale, la conduite automobile permet de garder sa liberté et son indépendance. »
AIN : CORRIGER LES DÉFAUTS DE CONDUITEUn stage a également été organisé à Maillat (Ain) le 17 novembre : une douzaine d’adhérents du club des Aînés ruraux ont suivi un stage post-permis, dans le cadre du plan départemental d’action de sécurité routière. Cette journée était animée par Danielle Mercier, adjointe au directeur de La Prévention Routière, le docteur Faivre et quatre moniteurs d’auto-école. L’objectif essentiel était de permettre aux seniors de reprendre confiance en eux et également d’actualiser leurs connaissances. Le stage comprenait notamment une épreuve de conduite d’évaluation par les moniteurs. Puis un debriefing a permis de mettre l’accent sur les défauts de conduite relevés. L’occasion de constater que les giratoires et les rond-points posent toujours des problèmes aux seniors ! Le stage a également permis d’aborder les problèmes médicaux nuisibles à une conduite sûre (vue, audition et équilibre, articulations, prise de médicaments…). Avec le vieillissement de la population, ce type de stage est amené à se développer…
C. S
BROCHURE « SANTÉ ET CONDUITE » : COMBATTRE LES IDÉES REÇUES
L’association La Prévention Routière vient de publier une brochure intitulée « Santé et conduite : quelle prévention ? », téléchargeable sur le site www.preventionroutiere.asso.fr. Si ce document ne traite pas exclusivement de la conduite des seniors, mais également de la fatigue et de la somnolence au volant, il combat l’idée reçue que « Les conducteurs âgés ont plus d’accidents que les autres » en expliquant que statistiquement, ce sont les jeunes qui composent une catégorie de conducteurs « à risque ». Toutefois, au-delà de 75 ans, le nombre d’accidents augmente à nouveau. Les dommages corporels sont plus importants, notamment du fait de la vulnérabilité et la fragilité des personnes de cet âge.
Deux autres idées reçues sont combattues par La Prévention Routière : « Un médicament vendu sans ordonnance n’altère pas ma capacité à conduire » (certains sirops contre la toux peuvent provoquer une somnolence) et « Ceux qui ont des problèmes de vue le savent bien » (un automobiliste sur trois voit mal et l’ignore).