Après une forte hausse du nombre d’examens pratiques réalisés en 2021 et 2022, l’année 2023 repart à la baisse et le taux de réussite poursuit sa tendance baissière.
Après des années de baisse drastique du nombre d’inscriptions aux permis du groupe lourd due en partie à une modification de la classification des permis (la catégorie BE n’étant plus comptabilisée depuis 2016 dans le groupe lourd), mais surtout à la création de Titres Pro PL qui ont aspiré des candidats vers ces formations au détriment des permis PL et une crise du secteur des transports, les permis du groupe lourd ont, à nouveau, la cote. Le nombre d’inscriptions est reparti à la hausse depuis 2021. Ainsi, en 2023, 72 492 inscriptions ont été enregistrées contre 71 296 en 2022, ce qui représente une augmentation de 1,6 %. Il est vrai que les sociétés de transports font actuellement face à une pénurie de chauffeurs qui s’explique par des départs à la retraite ou des démissions volontaires, notamment après la crise sanitaire de 2020. Rien que pour le secteur du transport de marchandises, ce sont plus de 20 000 emplois qui ne sont actuellement pas pourvus. Et la demande n’est pas près de s’arrêter compte tenu de l’explosion du commerce en ligne qui nécessite des chauffeurs pour livrer la multitude de colis commandés chaque jour sur Internet. Par ailleurs, le secteur étant déclaré en tension, l’OPCO Mobilités finance facilement les formations aux permis du groupe lourd, ce qui crée des vocations parmi les demandeurs d’emploi.
Mais si le nombre d’inscriptions est en hausse, ça coince au niveau des examens pratiques. Malgré les efforts déployés par la DSR, le manque de places d’examens empêche les professionnels de présenter leurs candidats au rythme qu’ils le souhaiteraient. Ainsi, en 2023, 101 285 examens ont été effectués hors circulation contre 107 264 en 2022. Et 71 690 candidats ont passé leur examen en circulation contre 77 018 en 2022.
Baisse du taux de réussite
Et pour ne rien arranger, le taux de réussite est en baisse, ce qui contribue à consommer plus de places d’examens. En effet, en 2023, le taux de réussite perd 1,1 point passant à 77,7 % contre 78,8 % en 2022. Si le taux de réussite est nettement supérieur à celui du groupe léger (56,3 %), on constate cependant que le taux de réussite du groupe lourd s’érode d’année en année. En cinq ans, il a tout de même perdu 2,7 points.