Si vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi on représente un « petit bonhomme » sur les feux de signalisation et non pas une « petite fille », sachez que le sujet interpelle dans certains pays.
« Lorsque le petit bonhomme est vert, tu peux traverser. S’il est rouge, tu attends sur le trottoir » Cette phrase, on l’a tous entendue et/ou prononcée un nombre incalculable de fois. Mais si l’on est obnubilé par la couleur du petit bonhomme lumineux, qui s’est vraiment demandé pourquoi c’est toujours un petit bonhomme qui est représenté sur les feux de signalisation et jamais une petite fille ?
À l’étranger, la question a pourtant été jugée digne de réflexion. Ainsi, en Espagne, la municipalité de Valence a voulu faire la promotion de l’égalité des sexes en installant récemment sur l’une de ses places, le premier feu de signalisation utilisant une icône féminine. Mais en Europe, Valence n’est pas pionnière en la matière. En effet, c’est en Allemagne que les premières « petites filles » sont apparues sur les feux de signalisation. En 2005, dans les villes de Dresde et de Zwickau, pour être exact.
Une origine berlinoise
Il faut dire que l’Allemagne n’est autre que le pays de naissance du petit bonhomme lumineux, appelé outre-Rhin Ampelmann. Car si le concept du panneau lumineux apparaît en 1957 aux États-Unis avec le fameux « Walk, Don’t Walk », c’est à Berlin, en 1961, que les premiers feux tricolores affichant un personnage lumineux sont installés pour aider piétons et automobilistes à mieux partager la chaussée. Très répandu dans la partie Est de Berlin, l’Ampelmann représenté avec un chapeau, fait l’objet de nombreuses campagnes de prévention routière auprès des enfants et devient rapidement très populaire. À tel point qu’il s’exporte au-delà du Mur, dans la partie Ouest de Berlin, où il adopte une silhouette plus stylisée. C’est cette version que la France a choisi de représenter sur ses feux de signalisation, sans véritablement juger utile de disserter longuement sur le sexe des anges.
S. A.
L’Ampelmann, star du design et du commerce !
Si en France, le « petit bonhomme » reste cantonné à un simple feu de signalisation, en Allemagne, c’est une toute autre chose. L’Ampelmann est extrêmement populaire. C’est même devenu une source d’inspiration inépuisable pour les artistes, mais aussi pour les rois du marchandising qui déclinent l’Ampelmann à toutes les sauces : porte-clefs, sacs, tee-shirts, mugs, moules pour gâteaux, etc. Des magasins et un site Internet de vente en ligne d’objets dérivés lui sont même consacrés. Rien d’étonnant donc qu’en 2005, un Allemand ait eu l’idée de décliner l’Ampelmann en une version féminine que ce soit par principe d’égalité des sexes ou par attrait du gain. Dans tous les cas, fille ou garçon, on respecte le personnage des feux lumineux. Les Allemands sont très stricts sur l’application de la loi. Et si vous traversez alors que l’Ampelmann ou que l’Ampelfrau est rouge, sachez que vous vous exposez à des réprimandes de la part des autres piétons et à une amende de 5 euros si vous êtes surpris par un policier. Et cela, même s’il n’y avait aucune voiture à l’horizon.