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directions_car Automobile — Janvier 2023

Marché des véhicules-école - 2022-2023 : les affaires reprennent lentement

Après un redémarrage en douceur du marché auto-école en 2022, beaucoup espéraient que les chiffres de 2023 seraient meilleurs. Malgré une demande plus forte à la fin du quatrième trimestre, le marché n’a en réalité que faiblement progressé. La cause ? Bien que largement surmonté, le manque de véhicules neufs disponibles aura été, tout au long des douze derniers mois, un handicap.


En 2022, selon AAA Data, 13 956 véhicules neufs ont été immatriculés pour le secteur auto-école. À ce chiffre s’ajoutent 2 538 acquisitions de véhicules d’occasion, ce qui donne un total de 16 956 unités enregistrées en 2022 contre 11 314 en 2021. On notera que les acquisitions de véhicules d’occasion ont été pratiquement divisées par 3. Cela s’explique par la fin des difficultés rencontrées par les constructeurs à produire. Malgré les problèmes de transport et de logistique, ils ont pu livrer leurs véhicules aux écoles de conduite qui n’ont pas eu besoin, pour renouveler leur offre, de faire appel à ces alternatives que sont les véhicules de deuxième main récents et ayant peu de kilomètres, voire aux véhicules de démonstration.

Des tarifs en hausse
Les chiffres des neuf premiers mois 2023 montrent que la situation se normalise, mais que l’on est bien loin de retrouver celle d’avant la crise sanitaire et d’avant la crise des semi-conducteurs. On note en tous les cas que les constructeurs sont de plus en plus nombreux à refuser de faire des remises aux auto-écoles, une politique qui s’applique d’ailleurs à tous les professionnels y compris les grandes sociétés de location longue durée. Les tarifs catalogue ont très largement augmenté en 30 mois. Les charges ont connu, elles aussi des hausses vertigineuses et cela est toujours répercuté en grande partie au moins sur les clients qui doivent également faire face à l’explosion des prix des carburants.

Le lent passage à l’électrique
L’électrification des flottes des écoles de conduite s’est-elle accélérée pour autant comme on a pu le constater pour les grandes entreprises ? Chez Peugeot, la part des véhicules électriques livrés aux auto-écoles représente seulement 6 %. Il est vrai que les réticences sont encore nombreuses : coûts d’acquisition trop élevés, autonomie peu adaptée au quotidien des auto-écoles, insuffisance du nombre de bornes de recharge à proximité, temps de recharge trop longs, etc. La peur de voir les prix de l’énergie flamber à terme est aussi un frein au développement de la voiture électrique. Pourtant, l’offre des constructeurs s’est élargie. Les transformateurs qui ont su s’adapter, ne rencontrent plus que peu de problèmes pour l’installation des doubles commandes, ce qui n’empêche pas leurs bureaux d’études de continuer à travailler pour pouvoir équiper au mieux les futurs véhicules.

Une période de transition
Il semble que l’on soit à la croisée des chemins : les écoles de conduite des villes, grandes et moyennes, avancent plus vite sur le chemin de la transition énergétique que celles des agglomérations plus petites et rurales qui souhaitent pouvoir rouler au gazole le plus longtemps possible. De même, en dehors des zones très urbanisées, l’augmentation des demandes de permis sur boîte automatique ne se vérifie pas encore vraiment. Quand ils doivent faire face à un tel afflux, les gérants d’auto-école s’intéressent de plus en plus aux modèles hybrides comme en témoigne le succès des Toyota Yaris et Yaris Cross. Les CER viennent d’ailleurs de signer un partenariat avec la marque japonaise, sans pour autant dénoncer leur partenariat historique avec Renault.

Suprématie des constructeurs français
Les constructeurs français restent cependant maîtres du marché auto-école, avec en tête Renault et Peugeot qui se disputent régulièrement la première place. Si en 2022, Peugeot prenait largement la première place du classement devant Renault, en 2023 la tendance sur les neuf premiers mois de l’année semble indiquer un retournement de situation. Qu’en sera-t-il en 2024 ? La politique vis-à-vis des auto-écoles du groupe Stellantis – Citroën, DS, Fiat, Opel et Peugeot – sera-t-elle plus lisible ? Le groupe Renault a-t-il dans ses cartons des offres qui permettent aux auto-écoles d’avancer plus vite sur la voie de l’électrification comme on peut le penser avec le lancement annoncé des R4, R5 et Twingo 100 % électrique ? D’autres constructeurs vont-ils décider d’attaquer ce marché ? Hyundai et Seat semblent avoir des ambitions, Skoda et Nissan souhaitent également renforcer leur position.

Évolution de la politique fiscale
Mais les deux grandes inconnues pour l’année à venir portent sur la fiscalité des voitures et l’impact de l’offensive des constructeurs chinois sur le marché. Le 15  décembre 2023, les règles d’attribution du bonus ont connu une révolution. Une « machine de guerre » a été mise en œuvre pour favoriser les modèles – batteries comprises ! – produits en France ou au moins en Europe. Si ces nouvelles règles ne touchent que marginalement les modèles destinés à l’enseignement de la conduite, en revanche la décision des pouvoirs publics de revoir à la baisse le barème du malus écologique, aura un impact : le seuil de déclenchement passe en effet de 123 à 118 g/km de CO2. Il faut également compter avec l’aggravation de la taxe au poids applicable dès 1,6 t (contre1,8 t auparavant). Quant aux constructeurs de l’Empire du Milieu, on connaît désormais leur force de frappe. MG commence à faire ses preuves tandis que le très puissant BYD, premier constructeur mondial de véhicules électriques, commercialise deux produits parfaitement adaptés à l’enseignement de la conduite, la Dolphin et l’Atto 3. De quoi peut-être rebattre les cartes du marché auto-école dans les années à venir.


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