À partir du 1er janvier 2024, la France comptera 43 Zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m) dans lesquelles les véhicules les plus polluants n’auront plus le droit de circuler. Le point sur ce sujet souvent méconnu du grand-public.
Chasser les véhicules les plus polluants des villes pour améliorer la qualité de l’air respiré par les habitants et par extension leur santé, tel est l’objectif des Zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m).
►Quelles viles sont concernées ?
Pour l’heure, des ZFE-m ont été instaurées pour Paris et le Grand Paris, la Métropole de Lyon, Grenoble-Alpes-Métropole, Aix-
Marseille-Provence, Toulouse, Rouen-Normandie, le Grand Reims et enfin plus récemment Saint-Étienne. Mais à partir du 1er janvier 2024, toutes les villes de plus de 150 000 habitants passeront obligatoirement en ZFE-m. Ainsi, la France devrait compter un total de 43 ZFE d’ici 2024.
►Qu’est-ce que la vignette Crit’Air ?
Pour classer les véhicules en fonction de leur niveau de pollution, l’État français a créé la vignette Crit’Air, qui prend en compte le niveau d’émission en particules fines et en oxydes d’azote. Crit’Air comporte 6 niveaux allant de 0 à 5 :
• Niveau 0, vignette verte : voitures 100 % électriques et hydrogènes,
• Niveau 1, vignette violette : voitures essence à partir de 2011, voitures GPL et hybrides rechargeables,
• Niveau 2, vignette jaune : voitures essence entre 2006 et 2010, voitures diesel à partir de 2011,
• Niveau 3, vignette orange : voitures essence entre 1997 et 2005, voitures diesel entre 2006 et 2010,
• Niveau 4, vignette bordeaux : voitures diesel entre 2001 et 2005,
• Niveau 5, vignette grise : voitures diesel entre 1997 et 2000,
Enfin, les voitures essence et les voitures diesel d’avant 1997 sont considérées comme trop polluantes et entre dans la catégorie des véhicules Non Classés (NC). La vignette Crit’Air est obligatoire pendant les épisodes de circulation différenciée lors des pics de pollution, mais elle permet également de circuler ou non (en fonction du niveau Crit’Air) dans les zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m).
►Quels véhicules sont exclus des ZFE-m ?
Pour le moment, le niveau de restriction de circulation varie d’une ZFE-m à l’autre. Actuellement, la réglementation applicable est la suivante :
• ZFE-m de Paris : tous les véhicules Crit’Air 3, 4, 5, et NC interdits,
• ZFE-m du Grand Paris : tous les véhicules Crit’Air 3, 4, 5, et NC interdits,
• ZFE-m de la Métropole de Lyon : Crit’Air 4, 5, et NC interdits dès l’été 2022,
• ZFE-m de Grenoble-Alpes-Métropole : les utilitaires seulement sont concernés par une interdiction des vignettes Crit’Air 3, 4 et 5,
• ZFE-m d’Aix-Marseille-Provence : interdiction des Crit’Air 5 prévue pour 2022,
• ZFE-m de Toulouse : utilitaires Crit’Air 4 et 5,
• ZFE-m de Rouen-Normandie : utilitaires Crit’Air 4, 5 et NC interdits,
• ZFE-m du Grand Reims : Crit’Air 5 et NC interdits
• ZFE-m de Saint-Étienne : les utilitaires seulement sont concernés par une interdiction des vignettes NC.
Mais selon la loi Climat et Résilience votée en 2021, au 1er janvier 2025, seuls les véhicules porteurs d’une vignette Crit’Air verte, 1 ou 2 pourront circuler dans les ZFE-m.
Si la vignette Crit’Air est désormais relativement connue du grand-public, ce n’est pas le cas des ZFE-m. Pourtant, cette information va rapidement s’avérer primordiale, notamment pour les jeunes conducteurs, qui faute de moyens financiers, se tournent la plupart du temps vers le marché de l’occasion lors de l’achat de leur premier véhicule. Or, s’ils habitent dans une ZFE-m, ils devront veiller à acheter un véhicule qui comporte une vignette Crit’Air leur permettant de circuler dans le périmètre de la ZFE-m.
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L’Europe a voté la fin des ventes de voitures thermiques neuves pour 2035
Après de longs mois de discussions, le parlement européen a voté, le 8 juin dernier, la fin des ventes de voitures neuves à moteur thermique à partir de 2035. Concrètement, à partir de cette date, les concessionnaires des pays membres de l’Union européenne n’auront plus le droit de vendre une voiture neuve fonctionnant à l’essence, au diesel ou encore équipée d’un système hybride. Seule la vente de voitures électriques neuves sera autorisée. Cette mesure ne concerne pas pour le moment les véhicules de la catégorie PL ; les motorisations électriques n’étant pas encore adaptées pour de longs trajets notamment dans le cadre du transport de marchandises.
Un coût d’achat élevé et un nombre de bornes de recharge insuffisant
Cette mesure vise à obliger les pays européens à accélérer la transition énergétique de leur parc roulant. En France, plus de 315 000 véhicules électriques ont été vendus en 2021, ce qui représente une croissance de 62 % par rapport à 2020, mais seulement 15 % des véhicules neufs vendus en 2021. Malgré les aides financières proposées par l’État, l’achat d’un véhicule électrique reste encore freiné par le coût élevé des véhicules neufs électriques, mais aussi par le manque de bornes de recharge. En effet, selon l’Avere-France, la France comptait en mai 2022, quelque 58 000 points de recharge ouverts au public. On est encore loin des 100 000 bornes que promettait Emmanuel Macron pour la fin de l’année 2021. Par ailleurs, une proposition de l'Italie et signée fin juin par la Bulgarie, le Portugal, la Roumanie et la Slovaquie plaide pour un report de 5 ans du calendrier. Tout n’est donc pas joué.