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directions_car Automobile — Mai 2016

- Reportage -
À bord d’un camion autonome !

Il n’y a pas que les voitures autonomes qui vont débarquer sur nos routes. Les camions aussi sont prêts à s’élancer sur de longues distances, en convoi. Pour plus de sécurité et d’économie. Premiers essais sur autoroute en Allemagne avec Mercedes… sans les pieds, et sans les mains !


C’est une grande première. Si l’on avait dit un jour à Max Meynier, le célèbre animateur de l’émission Les Routiers sont sympas diffusée sur RTL de 1972 à 1994, que les camions rouleraient tout seul, il aurait pensé à un canular radiophonique ! Et pourtant…Voilà ce qui me trottait dans la tête, lorsqu’on m’a proposé de jouer les cobayes du transport autonome. Banco. Me voici donc perché à plus de deux mètres de hauteur dans la cabine luxueuse d’un Mercedes-Benz Actros, la Rolls des poids lourds. Direction l’autoroute, près de Düsseldorf, où le véhicule va s’insérer dans un convoi composé de trois camions qui se suivent en file indienne. Vitesse au compteur : 85 kilomètres/heure.
Tout roule jusqu’au moment où le chauffeur décide d’appuyer sur un petit bouton bleu situé sur le tableau de bord. Et là stupeur et… tremblement. Car le pilotage automatique vient d’être enclenché. Et comme dans un film de science-fiction, ce mastodonte de près de 20 tonnes se met à avancer, automatiquement, dans la circulation. Bluffant. D’autant que le chauffeur vient de lâcher ses mains du volant, pour les poser tranquillement derrière sa nuque. Ce grand gaillard d’1,90 m a beau me rassurer, la sensation est étrange : voir le volant bouger tout seul, comme piloté par un homme invisible, donne quelques sueurs froides. Néanmoins, mes inquiétudes se dissipent assez vite, les kilomètres sont avalés avec une incroyable facilité, sans à-coups, sans la moindre anicroche. Et je me dis que finalement les routiers autonomes sont aussi sympas ! Il faut dire que le système de Mercedes, baptisé « l’Highway Pilot Connect » est au point. Il fonctionne sur le principe d’un train avec, en locomotive, le premier camion qui entraîne dans son sillage tous les autres comme un aimant. Le convoi peut en entraîner jusqu’à dix.

Des camions bardés de technologies
Pour réussir cette incroyable ribambelle futuriste, les camions sont bardés de technologies. Avec une précision chirurgicale, ils scannent leur environnement. Entre eux, ils communiquent, notamment, via le WiFi et sont équipés de puissants radars et de lasers. Cet échange permanent, surveillé par le chauffeur depuis un écran 8 pouces situé à côté du tableau de bord, permet de maintenir une distance régulière de 15 mètres entre chacun. Tout est géré automatiquement. Ainsi, à tout moment, une voiture peut venir s’intercaler, pour prendre une sortie, par exemple. Dans ce cas, les camions s’éloignent automatiquement les uns des autres puis, reprennent leur place une fois la voiture partie.

La machine plus rapide que l’homme
En cas de freinage d’urgence, pas de panique, puisque le système permet une réaction en à peine quelques millisecondes, contre 1,4 seconde en temps normal ! Ce réflexe ultra rapide de la machine, doit empêcher tout carambolage. Un plus pour la sécurité, d’autant que, 90% des accidents sont imputables à une erreur humaine (la fatigue est souvent en cause). Là, on réduit considérablement les risques même si l’autonomie a ses limites. Exemple : si le temps est mauvais ou la signalisation absente, un bip sonore retentit pour demander au conducteur de reprendre le volant. S’il ne le fait pas, le poids-lourd s’arrête automatiquement. Autre avantage, l’économie de carburant. En effet, trois véhicules en file indienne n’occupent que 80 mètres de route, au lieu des 150 mètres habituellement. Ainsi regroupés, les camions autonomes permettent de moins consommer, grâce à un meilleur aérodynamisme. C’est le principe du peloton de cyclistes. Mercedes annonce, en moyenne, une économie de 7 % par véhicule, sans oublier la réduction des rejets de CO2.

Un frein juridique
Économie, sécurité, gain de temps, etc. Autant d’atouts pour le camion semi-autonome. Daimler-Mercedes et d’autres constructeurs comme Volvo sont déjà prêts. Pour preuve, en plus de cet essai grandeur nature, plus d’une douzaine de camions autonomes conçus par six grands fabricants européens sont arrivés au port de Rotterdam, aux Pays-Bas, le 6 avril dernier, dans le cadre d’une expérimentation. L’un de ces convois a même parcouru plus de 2 000 kilomètres en traversant quatre frontières. Reste maintenant à débloquer la législation. Le plus gros frein à l’arrivée de ces convois sur nos routes reste juridique. Qui sera responsable, par exemple, en cas d’accident ? C’est encore flou. Mais une fois cet obstacle levé, les véhicules autonomes arriveront vite. D’ici à quatre ans, estiment les professionnels.
Christophe Bourroux, RTL


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