Avec un millier de véhicules transformés chaque année pour la conduite pour personnes à mobilité réduite ou la formation à la conduite, Sojadis est passé de la taille d’un simple garage à celle d’une PME qui remporte des marchés à l’étranger. Rencontre avec le dirigeant de cette société à la réussite made in France.
La Tribune des Auto-Écoles : Pouvez-vous nous présenter la société Sojadis ? Au début, c’était un garage, non ?
Jean-Marie Humeau, dirigeant de Sojadis : Tout à fait. Nous sommes des artisans installés à Jallais, dans le Maine-et-Loire, depuis des années. J’ai repris la société de mes parents et jusqu’en 1981, nous avions une activité de garage.
La Tribune : Comment vous êtes-vous lancé dans les équipements pour personnes handicapées ?
J-M. H. : Un peu par hasard. Un jour, un client handicapé nous a demandé de s’occuper de son véhicule. Ce que nous avons fait. Puis, il nous a envoyé d’autres clients qui venaient pour un problème d’handicap. Nous avons alors décidé de développer nos produits nous-mêmes en créant un bureau d’étude et un atelier de montage. En 1994, nous avons déposé un premier brevet pour l’accélérateur au volant ACCEL. Depuis, nous avons déposés de nombreux brevets et proposons divers systèmes d’aides à la conduite en fonction de la nature du handicap du conducteur.
La Tribune : Comment vous êtes-vous intéressé aux équipements auto-écoles ?
J-M. H. : En fait, nous maitrisons la technologie électronique et informatique, ce qui nous permet de décliner divers produits. Nous avons deux gammes de produits distinctes, une pour le handicap et l’autre pour les professionnels, mais des passerelles au niveau de la technologie peuvent être établies entre ces différentes gammes.
La Tribune : Combien de véhicules équipez-vous par an ?
J-M. H. : Nous transformons environ 1 000 véhicules par an, dont 700 en auto-écoles. Le reste est équipé pour le handicap. Et nous expédions environ 1 000 kits chez des constructeurs.
La Tribune : Justement, êtes-vous toujours partenaire de Volkswagen pour l’équipement des véhicules-école ?
J-M. H. : Bien sûr. Volkswagen nous a livré la nouvelle Polo, il y a quelques mois. Nous avons travaillé avec l’entreprise allemande Veigel qui nous a envoyé un kit pour les pédaliers que nous avons adapté. Et pour ce qui est de la partie électronique, Sojadis a travaillé à la réalisation d’un kit « plug and drive » qui permet de ne pas altérer le véhicule lors de la transformation en véhicule auto-école. C’est très important pour le constructeur car lorsqu’il récupère le véhicule, il suffit de débrancher l’équipement auto-école et de rebrancher le système d’origine. Le véhicule ne présente aucune trace. Sojadis ne transforme pas directement les véhicules Volkswagen, mais envoie au constructeur les kits auto-école que ce dernier pose dans ses propres usines.
La Tribune : Sojadis vient d’être choisi par PSA pour le développement et la fourniture d’une commande qui sera intégrée à un futur véhicule de série. Pouvez-vous nous en dire plus ?
J-M. H. : C’est un peu trop tôt pour en dévoiler davantage. Mais cela signifie que les produits Sojadis présentent un niveau de qualité identique à ceux des constructeurs, et notamment PSA. C’est une vraie reconnaissance et une fierté pour nous.
La Tribune : Vous êtes également présent à l’export…
J-M. H. : Effectivement, nous travaillons avec l’Allemagne, la Belgique, le Brésil, l’Italie, la République tchèque, le Royaume-Unis, la Turquie ou encore le Sultanat d’Oman.
La Tribune : Aujourd’hui, Sojadis emploie combien de personnes ?
J-M. H. : Sojadis représente une vingtaine de salariés. Nous travaillons avec une dizaine de sous-traitants souvent proches de nous géographiquement. Et nous présentons un chiffre d’affaires de 2,3 millions d’euros par an.
La Tribune : Quels sont vos objectifs de croissance ?
J-M. H. : Je viens de racheter un local de 3 500 m3 toujours situé sur la commune de Jallais. C’est une ancienne usine que nous sommes en train de remettre à neuf pour pouvoir stocker plus de véhicules et proposer des bureaux neufs pour accueillir les clients particuliers et les constructeurs. De plus, nous construisons une piste d’essai autour de l’usine qui nous permettra de tester les véhicules directement sur place. Notre objectif est de nous développer, mais surtout de continuer à satisfaire nos clients. Et c’est un combat de tous les jours !
Propos recueillis par Sandrine Ancel