Recharge électrique, radiateur, vecteur d’information ou encore aide au guidage du véhicule, la route n’est plus une simple coulée de bitume inerte. Elle devient connectée pour assurer plus de sécurité aux usagers.
Dans un monde de plus en plus connecté, la route aujourd’hui passive pourrait bien devenir capable d’interagir avec les usagers. C’est justement l’objet de recherche du programme européen baptisé « Forever Open Road », littéralement « Route ouverte pour toujours ». Depuis plusieurs années, des chercheurs planchent sur la possibilité de rendre la route intelligente en permettant, par exemple, de prévenir les automobilistes des embouteillages en formation ou encore de dégeler le sol sans utiliser de sel nocif pour l’environnement.
Des rêves devenus réalité
Une utopie ? Pas du tout. Des expériences sont déjà menées dans certains pays. Aux États-Unis, dans le nord de l’Idaho, près de la frontière canadienne, le projet Solar Roadways n’est autre qu’une chaussée photovoltaïque qui ressemble à un immense radiateur posé à la surface de l’asphalte. Ce dernier permet de faire fondre le gel pour éviter que la chaussée ne se transforme en une immense patinoire pour les véhicules.
Direction la Corée du Sud. La route ne fait pas office de radiateur, mais se substitue aux bornes de recharge pour les véhicules électriques. Ainsi, au niveau de la ville de Gumi, un axe routier d’une vingtaine de kilomètres permet aux transports en commun de se recharger tout seul, simplement en roulant sur la route dans laquelle des câbles électriques ont été enterrés. Plus besoin donc de s’arrêter à une borne et d’attendre que la batterie se recharge.
Retour en Europe, cette fois. Les Pays-Bas testent depuis fin 2013 sur certains tronçons d’autoroute, la route communicante. Le projet Smart Highway (littéralement autoroute intelligente) transmet des informations aux conducteurs via la chaussée. Ainsi, les lumières s’allument lorsqu’un véhicule passe, ce qui permet de faire des économies d’énergie lorsque l’autoroute n’est pas empruntée la nuit, mais le sol peut également indiquer un risque de verglas en faisant apparaître le dessin de gros flocons ou adresser des messages préventifs aux conducteurs en fonction de leur conduite.
Guidage des véhicules autonomes
En Suède, les chercheurs vont encore plus loin. Le gouvernement suédois qui vise l’objectif zéro mort et zéro blessé sur la route (voir page 17) mise énormément sur l’innovation technologique au niveau des infrastructures. Aussi, l’Administration suédoise des Transports finance plusieurs programmes de recherche développés notamment par Volvo. Le constructeur suédois avait ainsi participé au projet SARTRE qui permet à des véhicules de se déplacer en convoi sans nécessiter l’intervention du conducteur. Des capteurs placés sur le véhicule détectent les mouvements du véhicule qui le précède. Le véhicule suit alors celui de devant tout en conservant une distance toujours égale.
Mais pour assurer plus de sureté au véhicule autonome qui pourra dans un avenir proche prendre totalement la main sur l’homme et ainsi éradiquer les accidents dus à la défaillance humaine, Volvo teste actuellement un système d’aimants incrustés dans la chaussée qui a pour fonction de guider le véhicule autonome. Selon le constructeur suédois, contrairement aux technologies de positionnement établies comme le GPS et les caméras qui avouent leurs limites dans certaines conditions, les aimants noyés dans la chaussée sont insensibles aux obstacles physiques et aux mauvaises conditions météorologiques.
« Notre objectif, c’est que la voiture soit capable à elle seule de gérer la conduite, confie Jonas Ekmark, responsable de la Sécurité Préventive de Volvo Car Group. Un positionnement précis et fiable est une condition sine qua non aux voitures sans chauffeur. Il est tout à fait possible de mettre en œuvre des véhicules autonomes sans modifier l’infrastructure actuelle. »
Réduction des accidents et fluidité du trafic
L’intérêt majeur de ce guidage par aimant est d’éviter les accidents provoqués par les sorties de routes, mais Volvo met en avant un autre avantage. Grâce à ce guidage des voitures autonomes, les véhicules restent bien dans leur file. Ce positionnement extrêmement précis des voitures sur la chaussée pourrait permettre de rétrécir la largeur des couloirs de circulation afin de faire passer plus de véhicules sur une même voie ou de réduire la largeur des routes et ainsi de réaliser des économies de bitumes et d’entretien.
Une chose est sure : de plus en plus high-tech, la route devient une vraie piste vers le futur !
S. A.